Les cyberattaques ne touchent plus uniquement les banques, les grandes entreprises ou les administrations. En 2026, une PME, un commerce, une collectivité, une association ou un professionnel indépendant peut devenir la cible d’une attaque informatique.
Les pirates recherchent avant tout des systèmes accessibles, insuffisamment mis à jour ou protégés par des mots de passe trop faibles. Une entreprise n’a donc pas besoin d’être connue pour être attaquée : il suffit parfois qu’un serveur, un site internet ou un compte utilisateur présente une vulnérabilité exploitable.
L’ANSSI indique avoir eu connaissance de 1 366 incidents confirmés en 2025, contre 1 361 en 2024. L’Agence souligne également une augmentation significative des incidents impliquant des exfiltrations de données, notamment après la compromission de prestataires ou la divulgation d’identifiants professionnels.
Quelles sont les cyberattaques les plus dangereuses actuellement ?
1. L’exploitation immédiate des vulnérabilités
Les cybercriminels surveillent en permanence la publication de nouvelles failles de sécurité. Dès qu’une vulnérabilité critique devient publique, des campagnes automatisées peuvent rechercher les serveurs exposés et tenter de les compromettre.
En juillet 2026, le CERT-FR a notamment publié une alerte concernant deux vulnérabilités critiques dans Microsoft SharePoint. Celles-ci peuvent permettre à un attaquant non authentifié d’exécuter du code à distance. L’une de ces vulnérabilités était déjà activement exploitée et une preuve de concept publique était disponible pour la seconde.
WordPress a également été concerné par des vulnérabilités permettant notamment une injection SQL et, lorsqu’elles sont combinées, l’exécution de code à distance. Le CERT-FR a indiqué avoir connaissance d’une preuve de concept publique et anticiper des tentatives d’exploitation à grande échelle.
Ces alertes rappellent une règle essentielle : une mise à jour de sécurité critique ne doit pas être traitée comme une simple opération de maintenance.
2. Le phishing et l’ingénierie sociale
Le phishing reste l’une des principales portes d’entrée dans les systèmes d’information. Les attaquants peuvent se faire passer pour un dirigeant, une banque, un fournisseur, un service informatique ou une administration.
Les méthodes se diversifient :
- faux messages Microsoft 365 ou Google ;
- factures et coordonnées bancaires falsifiées ;
- appels téléphoniques d’un faux support informatique ;
- demandes répétées de validation multifacteur ;
- vol ou transfert frauduleux d’un numéro de téléphone ;
- faux messages d’erreur demandant d’exécuter une commande informatique.
L’ANSSI observe notamment l’utilisation de techniques comme le SIM swapping, la MFA Fatigue, l’usurpation d’identité, le hameçonnage vocal et la technique « ClickFix », qui pousse la victime à exécuter elle-même une commande malveillante.
Le danger ne vient donc pas toujours d’une faille technique. Il peut venir d’une personne manipulée par un message crédible, urgent et soigneusement préparé.
3. Les rançongiciels et la double extorsion
Lors d’une attaque par rançongiciel, les pirates peuvent chiffrer les serveurs, les postes de travail et les sauvegardes afin de bloquer l’activité de l’entreprise.
Mais les attaques actuelles ne se limitent plus au chiffrement. Avant de rendre les systèmes indisponibles, les cybercriminels cherchent souvent à voler les données. Ils peuvent ensuite menacer de publier :
- des informations personnelles ;
- des contrats ;
- des documents comptables ;
- des données clients ;
- des secrets industriels ;
- des échanges internes.
Même lorsqu’une entreprise dispose de sauvegardes, elle peut donc rester confrontée à une fuite de données, une atteinte à sa réputation et d’éventuelles obligations de notification.
4. Les attaques contre les prestataires
Un fournisseur informatique, un hébergeur, un éditeur de logiciel ou un prestataire disposant d’un accès à distance peut devenir le point d’entrée vers plusieurs entreprises clientes.
L’ANSSI constate davantage de compromissions d’environnements cloud et de prestataires. Dans certains cas, l’attaque d’un seul fournisseur peut provoquer l’indisponibilité de services utilisés par de nombreuses organisations.
La cybersécurité d’une entreprise dépend donc également du niveau de protection de ses partenaires.
5. L’espionnage et les attaques géopolitiques
Certaines cyberattaques ne cherchent pas directement à obtenir une rançon. Elles peuvent avoir pour objectif l’espionnage, la collecte d’informations ou la déstabilisation.
En juillet 2026, le CERT-FR a communiqué sur le ciblage et la compromission d’entités françaises au moyen du mode opératoire Turla. Les victimes françaises identifiées comprennent notamment des entités appartenant aux secteurs ministériel, diplomatique, judiciaire, technologique et de la défense.
Les infrastructures critiques, les opérateurs de services essentiels et leurs sous-traitants restent particulièrement exposés.
Quelles conséquences pour une entreprise ?
Une cyberattaque peut entraîner bien plus qu’un simple problème informatique :
- arrêt de la production ou de la facturation ;
- indisponibilité du site internet ou des logiciels métiers ;
- perte de données ;
- fraude bancaire ;
- interruption des communications ;
- coût de restauration du système d’information ;
- perte de confiance des clients ;
- atteinte à l’image de marque ;
- conséquences juridiques et réglementaires.
Pour une PME, plusieurs jours d’interruption peuvent fragiliser durablement la trésorerie et les relations commerciales.
Comment protéger efficacement son entreprise ?
Maintenir les systèmes à jour
Les serveurs, ordinateurs, pare-feu, applications, sites internet, extensions WordPress et équipements d’accès à distance doivent être inventoriés et régulièrement corrigés.
Une organisation doit pouvoir répondre rapidement à trois questions :
- Quels équipements sont présents dans mon système d’information ?
- Quelles versions utilisent-ils ?
- Quels correctifs critiques ne sont pas encore installés ?
Sans inventaire fiable, il est impossible de construire une stratégie de patch management efficace.
Sécuriser les comptes
L’authentification multifacteur doit être activée sur les comptes de messagerie, les accès administrateurs, les services cloud et les accès distants.
Lorsque cela est possible, les entreprises doivent privilégier des méthodes résistantes au phishing, comme les clés de sécurité physiques ou les passkeys, plutôt qu’une simple validation par SMS.
Appliquer le principe du moindre privilège
Les utilisateurs ne doivent pas disposer de droits administrateur permanents lorsqu’ils n’en ont pas besoin. Les comptes techniques, les comptes de service et les anciens accès doivent également être régulièrement contrôlés.
Disposer de sauvegardes isolées
Les sauvegardes doivent être régulières, testées et protégées contre leur suppression par un attaquant.
La présence d’une sauvegarde ne suffit pas. L’entreprise doit vérifier qu’elle sait réellement restaurer ses données et redémarrer ses applications prioritaires.
Superviser les postes et les serveurs
Un antivirus traditionnel n’est plus toujours suffisant. Une solution EDR, associée à une centralisation des journaux et à des alertes de sécurité, permet de détecter plus rapidement les comportements suspects.
Sensibiliser les collaborateurs
Chaque salarié doit savoir identifier :
- une demande inhabituelle ;
- un lien suspect ;
- une fausse page de connexion ;
- une demande urgente de paiement ;
- une validation MFA non sollicitée ;
- un appel frauduleux du prétendu support informatique.
Le signalement rapide d’un doute peut empêcher la propagation d’une attaque.
Préparer un plan de réponse aux incidents
En cas de compromission, les premières heures sont déterminantes. L’entreprise doit savoir qui contacter, comment isoler les équipements concernés, préserver les preuves et poursuivre temporairement ses activités essentielles.
La cybersécurité est devenue un enjeu de continuité d’activité
Aucune solution ne permet de supprimer totalement le risque cyber. En revanche, une combinaison cohérente de mises à jour, de sauvegardes, de supervision, de contrôle des accès et de sensibilisation réduit fortement la probabilité d’une attaque réussie.
La question n’est plus seulement : « Sommes-nous suffisamment importants pour être attaqués ? »
La véritable question est désormais : « Serions-nous capables de continuer à travailler si notre système informatique devenait indisponible demain ? »
SOSPC82 accompagne les professionnels dans la sécurisation de leurs postes, serveurs, sites internet et données : audit informatique, mises à jour, sauvegardes, sécurisation des accès, maintenance et assistance en cas d’incident.
Anticiper une cyberattaque coûte toujours moins cher que reconstruire un système d’information compromis.